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CHRONIQUE DU RAMADAN : Pour un Ramadan sain

le Jeudi 17 Septembre 2009 à 06:49 | Lu 1215 fois



CHRONIQUE DU RAMADAN : Pour un Ramadan sain
Le mois de Ramadan devrait être une opportunité pour rééquilibrer nos mœurs alimentaires, développer des actions pieuses, favoriser une santé meilleure, accomplir des avancées spirituelles, transcendantales. Souvenons-nous que l'objectif sacré de ce mois béni est de nous inciter à étaler cette autodiscipline aux onze autres mois de l'année. Or, que constatons-nous aujourd'hui ? Que nous ne daignons même plus attendre la fin (au moins) du mois de Ramadan pour donner libre cours à nos dévergondages ! Dés que l'appel du muezzin retentit, indiquant la fin de la journée de jeûne, nous changeons littéralement de camp : du doux agneau, pur et recueilli, que nous étions, nous nous transmuons sans transition en fauve débridé, comme pour prendre une belle "revanche" sur les actions de grâce de l'esprit !

Cet "accessit" que nous décerne allègrement un observateur, non-musulman, en est une belle illustration : "Durant cette période (le Ramadan), les Mahométans (les musulmans) ne mangent pas et ne peuvent consommer ni boisson ou tabac, du lever au coucher du soleil. Mais, une grande orgie compense leur abstinence journalière. Ils passent la nuit à festoyer, à faire bombance et à fumer. Les villes font penser à un carnaval nocturne, les restaurants sont éclairés et les rues sont remplies de noceurs; les magasins sont bien illuminés et les vendeurs de limonades et de douceurs font de bonnes affaires. Les riches veillent une bonne partie de la nuit, rendant et recevant des visites, organisant des réceptions. Après trente jours passés à festoyer et à faire ripaille, ces gens célèbrent la fin du mois de jeûne, avec la fête de Baïram".

Il conviendrait peut-être d'admettre, humblement, que ce tableau, à bien des égards, hélas, ne prend pas de liberté avec la réalité. Au demeurant, ce qui gagnerait à être repensé c'est notre acharnement, au mépris des règles nutritionnelles les plus élémentaires, à vouloir coûte que coûte faire bombance, au moment de la rupture du jeûne, alors que l'organisme, sortant d'un profond repos organique, devrait plutôt être ménagé. C'est le panachage tous azimuts ! On ne tient aucun compte des compatibilités alimentaires; on engrange sans discernement plusieurs mets ; se "bourrant" de diverses victuailles, et surchargeant plus que de raison l'estomac, au point de devoir souvent se traîner pour se rendre à la prière du "naafila" - si tant est qu'on ne roupille pas avant ! Mais, plus pitoyables sont ceux qui, après la rupture du jeûne, sont invariablement obsédés par l'idée de devoir (encore !) "s'affamer" le lendemain, et ne peuvent en conséquence se retenir de "faire le plein", juste avant d'aller se coucher, et parfois à quelques heures du "kheud" (la pitance de l’aurore).

Une des plus banales règles d'hygiène alimentaire déconseille d'aller au lit avec un estomac chargé à bloc. Un laps de temps d'au moins deux heures (temps moyen de la digestion stomacal) devrait s'écouler entre la dégustation du dernier mets (en l'occurrence le "ndogou") et le coucher. Autrement dit, la masse de nourriture ingérée devrait avoir quitté l'estomac avant que l'on ne s'abandonne dans les bras de Morphée. Nous disons bien "digestion stomacale" car, c'est bien connu, le péristaltisme (la digestion intestinale) se poursuit prés de cinq heures après la prise d'un repas consistant.
Pourquoi cette précaution ? Parce que le sommeil naturel entraîne une chute automatique du taux métabolique (8 %, environ), le système digestif fonctionnant au ralenti; et donc la digestion s'effectue péniblement (au demeurant, le sommeil lourd, peuplé de cauchemars, qui caractérise souvent un "repos" nocturne précédé de peu d'un repas copieux, est suffisamment révélateur de cet état de fait). Il en résulte que la masse alimentaire séjourne plus longtemps dans le tube digestif où, à la faveur de la chaleur et de l'humidité interne, elle provoque la putréfaction intestinale, et conséquemment la production de toxines.

Si cette condition se perpétuait, la toxémie organique s'amplifierait et le corps, dans son infinie sagesse, serait alors contraint de pratiquer la politique du moindre mal : ne disposant quasiment jamais - du fait du chevauchement perpétuel sommeil / digestion – du temps nécessaire pour métaboliser correctement les matières nutritives, il s'évertuera, faute de mieux, à stocker les métabolites résiduels, issus de cette imparfaite combustion, en tâchant tant bien que mal d'épargner les organes vitaux. Ainsi, les toxines non évacuées iront, non sans conséquence, se réfugier dans les muscles mous (rhumatismes musculaires), dans les ligaments (rhumatismes articulaires), dans le tissu conjonctif (conjonctivite), dans les reins (insuffisance rénale)… En attendant que les éboueurs du système (les émonctoires : reins, foie…) reprennent du service … Si on veut bien leur en offrir l'opportunité. Evidemment.

Aussi, est-il paradoxal, le Ramadan sitôt terminé, de voir des jeûneurs aller gonfler les files d'attente des cabinets médicaux. Qui, pour se plaindre d'une gastrite aiguë, qui d'une intoxication alimentaire, et autres conséquences d'une suralimentation forcenée, alors que le Ramadan est sensé nous apporter une meilleure santé ! Qu'on se garde donc bien de rendre le Ramadan (qui a décidément bon dos sous nos tropiques !) responsable des conséquences de notre indiscipline alimentaire. Car, le Ramadan, observé selon les prescriptions Coraniques et la Sunnah du Prophète (psl), devrait plutôt produire tout le contraire des travers ci-dessus considérés.

A suivre…

Mame Mactar Guèye

Jeudi 17 Septembre 2009 - 06:49




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