Elle a été tour à tour tisserand et designer textile, toute une prédisposition à jouer avec le tissu. Mais la rencontre de Maï Diop avec le pagne mandjak a été déterminante. Et depuis, ils ne se sont plus quittés…
Source : Walfadjri
On les remarquerait à peine, du moins sans grande surprise ni folle émotion, tant les pagnes mandjak ont vite fait de s’assimiler au décor. Dans la démarche qui est la sienne, c’est un souci de réhabilitation qui anime l’artiste Maï Diop (Sénégalaise d'adoption et Française d'origine), aux côtés des Ateliers d’art Tësss…. Mais elle songe également à tous ces tisserands anonymes dont elle veut protéger et faire connaître le savoir-faire à travers le monde. Vu sous cet angle, l’expo veut se faire ouverture, fenêtre sur le monde. A titre plus personnel, c’est aussi une manière pour Maï Diop ‘d’enrichir (ses) connaissances au contact des uns et des autres, de les confronter à d’autres informations, de vérifier et de recouper’. Et ce, ‘conformément à l’exigence de vrai’. La galerie Le Manège s’est prêtée, avant-hier au jeu d’une visite guidée par l’artiste. La part belle faite à la presse, en prélude à l’expo. Sous le thème ‘Pagnes…Panos : les étoffes magnétiques des mandjak’, c’est aussi à une reconstitution historique que l’on est invité.
On les remarquerait à peine, du moins sans grande surprise ni folle émotion, tant les pagnes mandjak ont vite fait de s’assimiler au décor. Dans la démarche qui est la sienne, c’est un souci de réhabilitation qui anime l’artiste Maï Diop (Sénégalaise d'adoption et Française d'origine), aux côtés des Ateliers d’art Tësss…. Mais elle songe également à tous ces tisserands anonymes dont elle veut protéger et faire connaître le savoir-faire à travers le monde. Vu sous cet angle, l’expo veut se faire ouverture, fenêtre sur le monde. A titre plus personnel, c’est aussi une manière pour Maï Diop ‘d’enrichir (ses) connaissances au contact des uns et des autres, de les confronter à d’autres informations, de vérifier et de recouper’. Et ce, ‘conformément à l’exigence de vrai’. La galerie Le Manège s’est prêtée, avant-hier au jeu d’une visite guidée par l’artiste. La part belle faite à la presse, en prélude à l’expo. Sous le thème ‘Pagnes…Panos : les étoffes magnétiques des mandjak’, c’est aussi à une reconstitution historique que l’on est invité.
Les premiers pagnes furent l’œuvre d’esclaves tisserands initiés en cela par leurs maîtres portugais. S’impose de lui-même le détour par la Guinée-Bissau, patrie de l’ethnie Mandjak. Derrière le choix d’une teinte, il y a tout un langage : le noir et le blanc, par exemple, sont symboles de divination. Ils sont l’expression d’un contact avec les esprits. Ce qui n’entre pas en contradiction avec toute cette explosion de joie et de fête qui se cache derrière les couleurs en général.
Tout aussi fréquent dans le travail de tissage, on retrouve le pompon. Dans sa nature originelle, la pensée mandjak considère qu’il est désordre. L’effort consécutif à la volonté de le dominer et de le maîtriser est aussi le geste par lequel on s’approprie et conquiert la civilisation ou l’ordre. Comme dans une dichotomie sur fond de dualité Chaos/Cosmos. Mais le pompon est aussi une manière d’appliquer le principe selon lequel, en matière de tissage, rien ne se perd. Sur de nombreux motifs, la présence de l’influence chrétienne et portugaise est palpable. Il ne suffit, pour s’en convaincre, que d’observer les multiples représentations de la Croix de l’Ordre du Christ. Avec son empattement très large, c’était le signe visible sur les caravelles des Portugais.
D’autres modèles déroutent par le caractère hétéroclite de l’ensemble. Il s’agit pour l’essentiel de patchworks, ces assemblages de bandes éparses et de textures diverses qui sont souvent l’œuvre des femmes de tisserands. Quelques bandes glanées ça et là, présents des tisserands à leurs épouses, sont récoltées et assemblées pour ne former qu’un tout. Le pagne ainsi formé sera d’un usage personnel ou destiné à la vente.
Il arrive aussi que le pagne soit commémoratif : c’est le cas quand survient un événement majeur, et il joue à ce moment-là le rôle de gardien de la mémoire collective. Là n’est pas sa seule fonction. Il est aussi ‘seconde peau, se charge de l’énergie vitale du souffle premier de l’enfant et du dernier soupir du mourant’.
L’expo ‘Pagnes…Panos : les étoffes magnétiques des mandjak’ se poursuit jusqu’au 26 avril à la galerie Le Manège (ex Alliance française). Tout au long de cette période, la cour avant de la galerie servira d’atelier à un tisserand, histoire de joindre le geste à la parole. L’ouvrage édité à cette occasion sera aussi disponible.