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PRESIDENTIELLE 2012 – CANDIDAT OU COLISTIER DE WADE : Idrissa Seck, un pas en avant, un pas en arrièrele Jeudi 17 Septembre 2009 à 06:16 | Lu 4096 fois
Candidat à la Présidentielle ou colistier de Me Abdoulaye Wade ? Rien n’est encore clair quant à la participation d’Idrissa Seck à la prochaine élection de 2012. Toutefois, au regard de son rapprochement avec Me Wade et à l’idée agitée d’une refondation du Parti démocratique sénégalais, on peut espérer le voir aux côtés du «Pape du Sopi», dont il pourrait être le Directeur de campagne et, pourquoi pas, le colistier, comme candidat à la Vice-présidence. Mais avec Idy, qui semble faire un pas en avant, un pas en arrière, rien n’est sûr.
Fraîchement débarqué de France, au retour d’un long exil de Me Wade, le jeune Idrissa Seck est bombardé Directeur de Campagne du candidat Abdoulaye Wade à l’élection présidentielle de 1988, au détriment des grosses pontes du Pds que furent le défunt Boubacar Sall, alors numéro 2, Abdoulaye Faye et Me Ousmane Ngom, qui étaient les plus proches collaborateurs du Secrétaire général national. Une telle ascension, naturellement, ne plut pas à ces derniers, qui voyaient en Idrissa Seck «un intrus qui empêche de tourner en rond». Idy était alors présenté comme l’éminence grise du Pds. Aussi, les coups fourrés et autres pièges ne manquèrent pas, obligeant, plus tard, le Directeur de campagne de Me Wade, après l’élection perdue et les violents événements qui ont suivi, jusqu’à l’arrestation du plus grand opposant sénégalais de l’époque, à décider de suspendre toute activité politique pour se consacrer à son métier de consultant auprès du Cabinet d’expertise comptable Mayoro Wade. Il s’est rendu, plus tard, aux Etats-Unis et au Canada où il a parfait ses études. C’est ainsi qu’à la Présidentielle de 1993, Ousmane Ngom a assumé les fonctions de Directeur de campagne, avec tous les rebondissements qui ont suivi cette consultation, dont le plus marquant a été l’assassinat de Me Boubacar Sèye, vice-président du Conseil constitutionnel. Idy gèle ses activités Et arrivent les élections législatives du 24 mai 1996, pour lesquelles Ousmane Tanor Dieng avait été intronisé tête de liste du Parti socialiste, après le fameux «Congrès sans débat», qui a vu naître les deux courants rivaux, celui des «refondateurs» (Tanor et ses amis) et celui du «Renouveau» animé par Djibo Leyti Kâ. Aux Pds aussi, Abdoulaye Wade avait décidé d’appliquer intégralement la démocratie interne, face à l’appétit de ses suivants, particulièrement Idrissa Seck et Ousmane Ngom, qui se voyaient chacun dans les habits d’un numéro 2 de fait. Pour trancher ce débat, pour ne pas dire cette lutte de positionnement, en fin politicien, Me Wade demanda à tous ses cadres, d’où qu’ils viennent et quel que soit le niveau de leur responsabilité dans la hiérarchie du parti, d’aller gagner dans leurs bases respectives. Car c’est d’une victoire à la base que dépendra toute ascension au sein du parti. Idy gagne à Thiès, au moment où Me Ngom est laminé à Saint-Louis. Et commence la traversée du désert pour Ousmane Ngom, après avoir pourtant «liquidé» le tonitruant et récalcitrant Jean-Paul Dias et mis dans sa poche Boubacar Sall, «le lion du Cayor» et Abdoulaye Wade. Il se voyait déjà «digne héritier» du «Pape du Sopi». Ousmane Ngom s’isole au Pls Incapable de souffrir la personnalité encombrante d’Idrissa Seck, Me Ngom finit par claquer la porte du Pds, comme Serigne Diop l’avait fait quelques années plus tôt, pour fonder le Parti libéral sénégalais (Pls), en compagnie d’anciens autres militants du Pds, comme Babacar Gaye, Mody Sy, etc. Pendant ce temps, les pouvoirs du Secrétaire général de la Fédération Pds de Thiès ne cessent de s’accroître. Et quand «l’entrisme» et les sollicitations d’Abdou Diouf ont eu raison de la résistance d’Abdoulaye Wade (en 91 déjà ), il avait été avec Dias, Me Ngom et Me Wade dans le Gouvernement de Majorité présidentielle élargie (Gmpe). Jamais Me Wade n’a eu à montrer une quelconque divergence avec son numéro 2, devenu quasiment l’homme le plus craint du parti. Les moments de détente vécus avec le régime socialiste, comme les privations de liberté –même s’il n’a jamais connu la prison, différemment des autres-, il les a vécus aux côtés de son mentor, jusqu’à la survenue de l’alternance politique à la tête de l’Etat, en 2000. C’est à partir de cette date que le jeu d’Idrissa Seck n’a plus paru clair aux yeux de ceux qui n’ont pas suivi son parcours, car le vrai «peuple du Sopi» savait déjà à quoi s’en tenir. Intronisé tout-puissant ministre de d’Etat, Secrétaire général de la Présidence de la République, une «Station» (pour utiliser son propre vocable) stratégique à laquelle seul Jean Colin avait accédé, auparavant, le futur maire de Thiès deviendra une véritable machine à broyer du politicien. D’abord chargé d’accueillir les transhumants du Ps, il a usé de l’arme des audits pour neutraliser des adversaires comme Mbaye Diouf, Abdou Aziz Tall, entre autres. Les chantiers de Thiès De sa «station», Idy ne manquait pas, non plus, de lorgner le fauteuil de Premier ministre qu’occupait Moustapha Niasse et c’est sans grande difficulté qu’il l’a poussé vers la sortie, en 2001, permettant ainsi à Mame Madior Boye de devenir la première femme Premier ministre au Sénégal. D’aucuns disaient d’ailleurs que «c’est parce qu’Idrissa Seck n’était pas encore prêt à assumer ces fonctions qu’il s’est choisi un intérimaire». Vrai ou faux, c’est en tout cas lui qui a succédé à la Saint-Louisienne à la tête du gouvernement, en 2003. Il a fallu le programme «Indépendance 4,4, 44» de Thiès et le budget de 25 milliards arrêté par le président de la République, les douteux chantiers de Thiès, qui ne livreront peut-être tous leurs secrets que «quand le soleil se sera éteint» (c’est là qu’Idy donne rendez-vous aux Sénégalais) et la prétendue consultation «discrète» du bulletin de santé de Me Wade, pour que les choses commencent à se gâter. Idy finira par être accusé de détournement en arrêté. Il croupira près de six mois en prison, avant de se voir récemment accorder un non-lieu total. Après donc son élargissement et toutes les tractations qui l’on précédé, Idrissa Seck, qui avait pourtant déclaré qu’il n’irait jamais à des élections où il doit affronter Abdoulaye Wade, son père «d’emprunt», descend dans l’arène pour briguer le suffrage des Sénégalais. Avec Macky Sall comme Directeur de campagne, Me Wade gagne haut la main, au premier tour, mais il est suivi par son ancien poulain, Idrissa Seck, qui obtient de 14% de l’électorat sénégalais. Mais, jusque-là , son part Rew-mi, émanation de son mouvement de soutien «Msis» n’a pas encore d’existence officielle. Aux élections législatives, pendant que l’opposition lance son mot d’ordre de boycott, sans y adhérer vraiment, il ne participa pas au scrutin. Mais avant cette consultation, il avait eu une audience suspecte avec le chef de l’Etat, ce qui avait déclenché l’ire de ses anciens partenaires de l’opposition, à qui il avait signifié sa décision de geler ses activités à leurs côtés. Audience après audience Quelques semaines avant les locales du 22 mars 2009, une délégation de «Rew-mi», conduite par Idy, lui-même, rencontre celle du Pds à sa permanence nationale «Oumar Lamine Badji» et les contours d’un retour à la «maison du père» se dessinent, sans toutefois que les deux formations ne décident d’aller ensemble aux élections. Une fois de plus, Idrissa Seck gagne à Thiès et dans quelques autres localités, s’alliant avec le Pds dans d’autres. Mais, jusque-là , personne ne sait, au moment où on parle avec insistance d’une refondation du Pds, si Idrissa Seck regagnera les rangs libéraux ou pas. Dans la perspective d’un ticket président/vice-président pour l’élection de 2012, certains pensent que l’idée aurait été agitée pour trouver une planque au maire de Thiès, afin que le Pds, comme l’a suggéré son Secrétaire général, reste le plus longtemps au pouvoir. Idy, en tout cas, a laissé entendre à qui veut le croire que son électorat se trouve dans le Pds. Se présentera-t-il personnellement comme candidat ? Sera-t-il le colistier de Wade ? Question à laquelle il sera difficile de répondre, car si Wade est l’homme politique le plus nuancé du Sénégal, Idrissa Seck n’en est pas le moins saisissable. Et son jeu actuel, fait d’interminables audiences sans résultat probant, ressemble bien à celui qui consiste à faire un pas en avant, un pas en arrière. Et comme Rodrigue face à Chimère (Cf : le Cid), «l’un m’anime le cœur, l’autre me retient le bras». Et le jeu de yoyo continuera, certainement, jusqu'à l’élection présidentielle. Jeudi 17 Septembre 2009 - 06:16
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